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Un nouvel elan pour « terra e ghjente d’orezza »

Depuis quelques mois, l’association « Terra e ghjente d’Orezza » donc Eric Campana est le président, a relancé son activité et nombre de projets d’animation culturelle et touristique destinés à mettre en relation les habitants de l’ancienne pieve et à faire connaître l’identité forte de cette terre sont en train de voir le jour.

Ce dimanche 20 mars, jour du printemps, les membres de l’Association se sont réunis à la casa Paoletti, la maison du Parc à Petricaghju pour examiner ces projets et les conditions de leur réalisation. On y a évoqué le retour du petit marché de producteurs locaux de Piedicroce, la création d’un jardin pédagogique pour les élèves du même village, la mise à disposition locative de vélos électriques .

Lors de la Via Romana, et pendant les diverses manifestations estivales lectures de textes de Jean-Pierre Graziani et de Marie-Jeanne Colombani, deux figures intellectuelles de notre région, projection d’un film sur la Castagniccia, concert de chansons pour enfants entre autres.

Une source de revenus importante pour les diverses associations de la région est attendue de la société des eaux d’Orezza , engagée à verser annuellement à la Collectivité Territoriale 100000 euros (130000 euros en 2021), une manne qui a permis déjà l’achat d’un minibus pour l’association « a Ceppa », et dont on espère un versement régulier, puisque les dossiers déposés ont selon les propos du directeur des Eaux d’Orezza été validés.

En janvier, un rassemblement au couvent d’Orezza avait eu lieu en présence de représentants de la Collectivité Territoriale et du député Jean-Félix Acquaviva dans l’optique d’une restauration de cet important monument du patrimoine corse, soutenue par tous les responsables. Il est toutefois au préalable nécessaire que la municipalité de Piedicroce puisse se rendre maître de ce domaine abandonné par son actuel propriétaire.

Quoi qu’il en soit, et malgré toutes les questions encore à résoudre, l’élan est donné, et nous ne pouvons que souhaiter la réussite à cette association au nom si prometteur.

Quelques photos souvenirs des annees 80

Nanou Battesti a procédé à la numérisation de vieilles diapositives saisies lors de rassemblements traditionnels du village, occasion de faire revivre des visages dont beaucoup sont aujourd’hui disparus, ou fixés dans une jeunesse qui, nous le savons tous, n’est pas éternelle. Beaucoup d’expressions, et c’est leur intérêt, ont été saisies à l’insu des personnes, révélant une touchante vérité, engendrant la nostalgie, certes, mais aussi la tendresse envers ceux que nous aimons. Surtout n’hésitez pas à commenter ces images ! (Photos Nanou Battesti)

Procession de 1992

Quelques fidèles de la procession de 1992. Des visages aimés et disparus.

Photo prise sur le parvis de la chapelle Sainte Barbe, lors de la procession de 1992, où l’on reconnaît Laurence, Gisèle, sa sœur Francine et leur mère Anna, Charlotte, Lucie, Annick. Celle dont on ne voit que le front est Paulette Zanettini. Les deux fillettes sont Anne-Julie Martinez, la fille de Thérésa, et sa cousine Marina, qui tient la croix, fille de Nanou et Marie-Claude. Si quelqu’un connaît la jeune femme la main sur le menton, qu’il nous fasse passer l’information.

Une operata en 1986 source la juaneta

Ce jour-là, Nanou battesti, utilisait sa caméra vidéo toute récente pour filmer un travail collectif organisé à Nocario pour fixer l’arrivée d’une source destinée à l’alimentation du village en eau potable, la Juaneta.

Lors d’une « operata » précédente, avait été mis en place un long tuyau de polyéthylène qui descendait de la source vers un regard permettant de diminuer la pression de l’eau. Il s’agissait de l’installer de manière durable en y scellant une dalle protectrice.

C’est ce que l’on voit sur ces images extraites d’un film de 27 mn réalisé par Nanou. Nous étions en 1986. On ne pourra les regarder sans nostalgie puisqu’y figurent des habitants aujourd’hui disparus, et bien présents dans nos mémoires, mais aussi des villageois encore bien vaillants, bien que vieillis. On reconnaîtra José Guerrini, Jean-Thomas Battesti, Benedettu Marcelli, François Carbuccia, et Paul Battesti, Marc Battesti, Fanfan Battesti …

Après avoir chargé deux ânes qui appartenaient à Romulus Amoni et à Jean Battesti, les volontaires s’engagent dans le chemin qui mène au lieu-dit « Pastricciola » pour une montée assez rude que les ânes parcourent péniblement. Une fois le regard installé, certains montent jusqu’à la source le long du tuyau d’amenée de l’eau.

Les images ont été reprises d’une diffusion sur un appareil de télévision, et souffrent d’une perte de définition, mais elles sont un précieux témoignage de la vie collective à Nocario.

La musique en fond est une interprétation par Nanou Battesti de la « Valse d’Omessa » de Fanfan Cerutti.

Les portes rouges de saint michel

La préservation du patrimoine que représentent en particulier les églises de nos villages exige un entretien régulier, notamment des huisseries que les agressions atmosphériques fragilisent d’autant plus que les précautions protectrices ne sont pas prises.
La peinture des huisseries est une bonne action de protection. C’est ce que la municipalité de Nocario a entrepris cette année en demandant à Pantaléon Alessandri, ébéniste réputé de Petricaggio et spécialisé dans la restauration de mobilier d’église, de repeindre les portes de l’église Saint Michel et de La Chapelle Saint Martin. Le travail est en cours à Erbaggio, mais les portes de Saint Michel ont été achevées récemment.
Pantaléon précise la délicate question du choix des couleurs : avec le temps, une modification importante des couleurs de base utilisées par les artisans, pigmentation d’ocres jaunes ou rouges principalement pour des raisons techniques et économiques, se manifeste. Les rouges clairs deviennent roses, les rouges vifs tournent au marron, les marrons au jaune. C’est pourquoi, plus pour un souci de fidélité aux choix originaux que pour des raisons esthétiques, les portes de Saint Michel ont été repeintes en un rouge satiné dont la brillance va s’estomper avec le temps.
Après la restauration des tableaux, des fresques et des boiseries, et la mise en place des vitraux réalisés par Robert Stefani, la peinture des quatre portes de l’église piévane redonne encore à ce vénérable monument, lieu de mémoire, de piété et de rassemblement communautaire, la beauté qui convient à ce bien commun de tous ceux attachés à la commune de Nocario, hier, aujourd’hui et demain.

TEMPI FÀ

Aimablement prêtées par Charly et Victor Marcelli quelques photos anciennes de figures du village peut être inconnues pour les jeunes générations mais qui rappelleront bien des souvenirs à beaucoup d’entre nous. Si certains se reconnaissent sur les photos, qu’ils nous le signalent. Nous complèterons les légendes.

Les potagers de nocario

Au coeur de nos villages de Castagniccia, lorsque les yeux se portent alentour, sous le maquis, chacun distingue les étages de culture soutenus par des murets, patiemment édifiés pierre à pierre par les anciens. La végétation, le passage des animaux divaguants, ont démoli une bonne part de ces murailles qui avaient aidé les ancêtres à redresser les pentes pour rendre la terre apte à la culture, et permettre à la population de croître, au point d’accueillir au XIXe siècle, dans l’étage entre 600 et 700m, près de 150 habitants au km2 (Recensement de l’année 1872).
C’est toujours avec une certaine nostalgie qu’en scrutant les flancs des collines on les imagine riches de champs, de vergers, de vignes et de potagers, d’autant que dans chaque famille des grands-parents ont raconté leur enfance, et l’abondance sans doute exaltée par le regard de la jeunesse, mais difficile à mettre en doute. Irriguée par les nombreux torrents et sources, rendue plus docile par le travail des hommes, la terre offrait la vie.
Ceux des habitants qui peuvent demeurer en permanence ou pour de longs séjours dans les villages, sont tentés par ce rêve ancien, encouragés par la méfiance actuelle à l’égard de l’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation, le souci d’une nourriture saine, fraîche et goûteuse, issue de nos mains et non de lointaines usines.
Quelques habitants de Nocario tentent de faire revivre ces potagers de leur enfance, plus pour le plaisir d’effleurer un plant de tomate et en exhaler le vert parfum que vraiment pour se nourrir, mais aussi pour accomplir un geste essentiel, celui de se pencher vers le sol ou s’élabore silencieusement la sève primordiale dont dépend toute existence humaine.
En hommage à ces poètes, nous avons voulu visiter leurs jardins, petits ou grands, modestes ou plus ambitieux, soignés ou plus négligés, et vous en offrir quelques images, bien figées et imparfaites en regard des changements qu’offre leur contemplation en lumières, couleurs formes et parfums, espérant ainsi susciter d’autres envies de légumes, de fruits et de fleurs.

A suivre …